1. Sue Zhang directrice générale du Château Monlot by Mj 

    ZHAO WEI et le Château MONLOT


    Il a fallu qu'une artiste du Grand Ecran,  star en son pays du Soleil Levant, ajoute sa pierre à l’édifice du patrimoine architectural et viticole unique au Monde de Saint-Emilion pour qu'en cet anniversaire unique de 20 ans de l'inscription à l'inventaire du Patrimoine de l'Humanité affirme son identité de complexité et de finesse culturelle internationale. Les Seillan, au Château Lassègue ont vu se dresser avec délices du haut de leur chartreuse allongée l'édifice voulu par Zhao Wei, en contrebas, architecturé par Jean-Pierre Errath, qui se dresse devant les parcelles de 8 hectares de vigne,  sur un lit argilo-calcaire et sablo-limoneux. Zhao Wei ne fera pas les choses à moitié, elle s'entourera de Jean-Claude Berrouet (44 années au Château Petrus) et de Claude Bourguignon, cet ingénieur agronome qui, avec sa femme Lydia, qui se révéleront lanceurs d'alertes environnementales.


    Zhao Whei, en artiste complète, actrice, chanteuse  et réalisatrice, se fait donc un plaisir de recevoir en son château la fine fleur du Monde musical, avec entre autres,  Sting par ailleurs lui-même vigneron en Toscane, et en ce week-end un peu particulier,  en plein festival de jazz voulu par Dominique Renard depuis 2012,  où King Créole a allumé le feu dans les douves, s'est tenu un concert précieux pour les véritables amateurs de Jazz et de piano, avec un maître en la matière, qui porte haut et fort la marque Steinway, Jean-Pierre Como, au toucher précis, sensible qui nous a offert des moments précieux avec son complice, Walter Ricci, une voix remarquablement smoothie, avec qui il prépare un nouvel album, intitulé Little Italy. 
    Pas de mièvrerie dans cette voix, loin du sirupeux, ce napolitain va interpréter avec avec justesse et précision, avec cette douceur enveloppante des grands crooners, les morceaux qui vont constituer leur nouvel album, mais avec un swing renversant sans oublier leur reprise qui fera chavirer les cœurs de "Over the rainbow"





    The napolitan crooner Walter Ricci by Mj 





    Jean-Pierre Como et Steinway by Mj

    JAMAIS SANS MON STEINWAY

    Jean Pierre Como, avait déjà fait les délices des précédents festivals de Saint-Emilion en interprétant sur son Steinway, les morceaux de son dernier album "Infinite" et de "Express Europa" dont notamment un concert en la Salle des Dominicains avec Hugh Coltman et Walter Ricci avec qui ils interpréteront une musique puissante mais raffinée. Le visage christique de l'album ajoute une dimension supplémentaire à l’artiste-compositeur né à Paris.
     Ecoutez son oeuvre et vous en sortirez allégés.


    LES VINS




    Venir au Château Monlot, c'est aussi en découvrir les vins,  Château Monlot 2016 en dégustation ce jour, premier vin et le second vin,  baptisé Héritage. Puis un blanc remarquablement acide mais bien balancé baptisé Monlot tout court, la dernière marque voulue par Zhao Whei. Même en ces jours de canicule, leur fraîcheur matchaient avec les mets, en particulier avec les griottes de chocolat amer truffées au foie gras du traiteur Monlot.


    Un grand merci à Sue Zhang et sa collaboratrice Yulin Li ainsi que toute l'équipe de Bee Bordeaux, en particulier la délicieuse Géraldine Bertrand et bien sûr Dominique Renard et Franck Binard, sans qui tout cela n'aurait pas eu lieu. 
    Marilyn Johnson


    Moments inoubliables.

    Jean Pierre Como
    http://www.jpcomo.com/index.php

    Walter Ricci
    https://www.italieaparis.net/actualite/news/walter-ricci-14682/

    Monlot
    ttps://chateaumonlot.com/le-chateau/




    Toutes les images m'appartiennent



    1

    Afficher les commentaires


  2. OLIVIER BERROUET (PETRUS) BY Marilyn Johnson



    Redéguster un vin quelques années plus tard après leur embouteillage et plus particulièrement assemblés reste un véritable contrepoint aux dégustations en Primeurs et c'est en cela que réside l'intérêt de ces tastings pilotés depuis 10 ans par Bernard Burtschy, dégustateur et journaliste émérite, que l'on ne présente plus.

    WINE DREAM TEAM
    Ces tastings organisés pour la Presse étrangère Internationale, se sont déroulés la semaine où, parallèlement la France est devenue championne du Monde de football, quant à l'extérieur, la chaleur d'un été s'est enfin installée.
    La Rive Droite recevait une "Wine Dream Team", avec entre autres dégustateurs, Siwei Zhu, rédacteur en chef de la revue TasteSpirit.com et son partenaire, Xiang Gao, tous deux basés à Shangaï, Richard Sagala directeur et propriétaire de la prestigieuse école de sommellerie, l'International Butler Academy, le parisien Pascal Marquet de l'Ecole de dégustation Grains Nobles, le Japonais Toshio Maatsura de la revue Wands et moi-même qui suis intervenue sur les deux derniers jours, mon blog ,autant lu en Europe qu'aux Etats-Unis.
    Séances de dégustation qui avait pour thème principal deux millésimes les 2015 et 2014, ce dernier accueilli mollement par la presse Primeurs.
    "Le millésime 2015 à Bordeaux a largement fait la une de la presse pour sa qualité et il est effectivement très grand sur la Rive Droite (nettement moins sur la Rive Gauche). Beaucoup de crus classés de saint-Emilion sont remarquables.
    Moins médiatisé, le millésime 2014 a nettement progressé en un an et sa fraîcheur fait merveille. A l'époque, il n'avait fait l'objet que de commentaires polis et tout le monde a enterré le millésime 2014 depuis. C'est une erreur. Comme quoi, plutôt que de donner des commentaires définitifs en primeur, il vaut mieux revenir et déguster et même redéguster. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage." déclarera Bernard Bursctchy à l'issue des dégustations des Crus Classés de la Rive Droite organisés par Virginie Fisher Larramona au Château Latour Figeac. Propos auxquels Regis Chaigne, vigneron émérite du Château Ballan Larquette, engagé auprès de l'Association des Vignerons indépendants , réagira " Une vérité tellement évidente... En tant que vigneron, je suis très régulièrement surpris de l'évolution de nos propres vins. J'ai beaucoup de mal à comprendre comment on peut émettre un jugement pertinent et aussi implicant en dégustant des échantillons au printemps suivant la récolte..."

    Fraîcheur et distinction

    Effectivement, goûtés aussi individuellement à la propriété, les crus s'avéreront réguliers, avec une tension et une ciselure précise, avec une fraîcheur mentholée constante "Je partage l'avis de Bernard quand au millésime 2014 trop vite passé à la trappe. Par exemple le Petrus 2014 que nous avons dégusté ensemble présentait mieux que le 2015 et la fraîcheur du millésime ne lui donnait que plus d'élégance. Je me souviens que Lafleur Petrus était tres qualitatif dans les deux millésimes." confirmera Richard Sagala, et les deux journalistes chinois au sortir de la toujours étonnante visite de Petrus, dont les deux millésimes présenteront une belle acidité avec une bouche beaucoup plus fraîche que le nez opulent pour le 2014, et un 2015 sur la retenue mais dont les tanins révèlent encore la maîtrise de la gestion des extractions.
    Olivier Berrouet, en digne, héritier de son père qui vinifiera 44 millésimes du mythique cru, nous reçoit dans la blondeur de la salle de dégustation: Les deux millésimes nous attendent, extraits de la fameuse bouteille au verre gravé.
    "On maîtrise parfaitement la date des récoltes, déjà dans les années 50/60, Madame Loubat, ramassait 15 jours après tout le monde" se remémorera-t-il entre deux commentaires sur le match qui avait eu lieu la soirée précédente.
    La visite aux établissements Jean-Pierre Moueix sur les quais de Libourne, où la Wine Dream Team sera reçue par Edouard Moueix nous réservera des somptueux Trotanoy et Latour qui confirmeront que la chaleur et la sécheresse de 2014 et des vendanges parcellaires et des cuvaisons plus longues leur donneront raison, nous réservant un voyage dans un sous-bois de violettes et le bâton de zan.
    En 2015, les cabernets francs menés à terme du château Hosanna ainsi que les graves et les argiles rouges sur crasse de fer feront merveille face à une climatologie marquée par des épisodes caniculaires, semblables à ,2003 ou 1990, permettent de garder une fraîcheur malgré un fruit très mûr, une maturité aromatique parfaite.
    Après un passage au Château Nénin à Pomerol, nous nous rendrons aux chais sublimés de rouge par Jean Nouvel du Château La Dominique où les conditions de dégustation s'avéreront optimum grâce à l'efficience de notre hôte, en la personne de Camille Deslypper-Poupon et les crus dégustés de la collection Fayat, commentés en direct par la nouvelle directrice, Gwendoline Lucas. L'ensemble des crus révèleront une constance Rive Droite et Rive Gauche avec un Clément Pichon 2014 cru bourgeois confidentiel, qui s'avéra sensuel, très typique des cabernets sauvignon, racé, puissant mais équilibré et un inoubliable château Fayat 15, sombre à la bouche sinueuse de mûres et de fruits noirs, empreinte de merlots à parfaite maturité.
    Puis le Château Angélus nous reçoit avec les crus de l'ensemble de la famille. Angélus 2015 prouvera encore que les cabernets francs de ce millésime restent une signature indubitable, La Fleur de Bouard fidèle à ses grands merlots élevés sur graves, signent sur les deux millésimes une différence remarquable.
    Au Château Trottevieille, Philippe Castéja nous reçoit. La fraicheur de la batisse au classissisme XVIIIe contraste avec la lumière implacable du dehors. Trottevieille 2014 au nez somptueux, étire une bouche sans fin, d'une grande pureté et d'un équilibre sans faille. Encore la marque des cabernets francs récoltés mûrs. Nous aurons la chance de déguster une cuvée de 135 bouteilles, pas commercialisée, 100/100 cabernet franc du millésime 2015. La menthe fraîche foulée se révèle sur une charpente élégante avec cette typicité des saint-émilions qui font de cette appellation une référence des crus de Bordeaux.
    Puis, nous ne quitterons pas le plateau, pour rejoindre la dynastie Thienpont. Le père et le fils, Nicolas et Cyrille nous attendent de pied ferme, sur un des spots les plus remarquables de l'appellation, un cru cultivé comme un jardin: Pavie-Macquin. Eblouissante dégustation des vins du tandem Derenoncourt/Thienpont avec un Alcée 2016 qui brille de tous ses feux, éclatant, et un La Prade 2015, au nez déstabilisant, des tanins polis, un véritable panier de fruits mûrs. Quant aux Larcis Ducasse 2014, Pavie-Macqui 15, Beauséjour Duffau Lagarosse 15, on sait de suite que vinification, élevage sont maîtrisés et répondent à des grappes idéalement récoltées.
    Puygueraud en blanc 2015 emportera mon coeur avec son nez miellé, sa bouche bien dessinée, fine, aux parfums de jasmin, un vin aérien. Une véritable merveille.
    Puis notre folle chevauchée nous mène dans un lieu remarquable, la combe de Barde-Haut. Reçus par les propriétaires, une dégustation de leurs crus dont le dernier cru, Poésia. Les nez plantureux, les équilibres sont décidément la marque des deux millésimes. Camphré et réglissé, Barde-Haut en 2014, mené en bio, dont un PH de 3.5 sur roche calcaire permettra de ne pas sulfiter. Encore un cru emblématique d'un terroir et d'une appellation.
    Le plus gros de la dégustation de la Wine Dream Team nous attend à Pomerol, au sein même de la Maison des Vins de l'appellation. 110 vins nous attendent, dégustés à l'aveugle, qui prouveront encore une fois que les deux millésimes nous réserve des surprises. Equilibre, fraîcheur, fraîcheur équilibre. Certains crus me stupéfieront par leur élégance et distinction. Je soulèverai donc leur masque, et je ferai deux constats: ils sont régulièrement menés en agriculture bio et biodynamique et sortent nettement du lot. Je relèverai ainsi Mazeyres, La Rose Figeac et la Croix de Gay, Clos Vieux Taillefer, Le Chemin sur les deux millésimes. A l'aveugle encore, je sortirai Château Bon Pasteur 2014 et La Patache 2015, fruits murs sur fond de violette, Château Pierhem et Bourgneuf remarquables sur le millésime 2014 encore.
    Un seul des crus des 150 goûtés ce jour caniculaire s'avéra bouchonné.
    On me posera régulièrement cette question: "comment faites-vous pour déguster autant de vins et garder la précision de votre palais? " Je répondrai qu'à ce stade, notre palais ne se trompe plus. Sortent les meilleurs mais aussi... le pire.
    Affaire à suivre donc. Rendez-vous est pris en 2019.

    Cet article a été publié initialement par le site Tout le vin.com

    Marilyn

    2

    Afficher les commentaires

  3. Diala Younes Lavenu by Mj 
    Elle a 38 ans.  Facilement reconnaissable avec sa crinière de lionne et sa finesse de traits, Diala Younes de son nom de jeune fille née dans la plaine de la Bekaa au Liban, Lavenu du nom de son mari, œnologue réputé de Derenoncourt Consultants,  ne s'attendait peut-être pas à devenir la représentante de la vénérable institution de l'Association des Œnologues de Bordeaux, même si son parcours universitaire et professionnel l'y prédisposait tout naturellement. Issue d'une famille de scientifiques, son père qui reste son guide spirituel n°1 quand le monde semble s'écrouler, pédiatre dans la plaine de la Bekaa lui donnera le goût des sciences, mais son grand-père lui apportera le goût de la terre. Elle deviendra donc ingénieure en agronomie dans un pays en guerre, sous l'invasion israélienne, et elle avouera volontiers que toute sa vie restera déterminée par ces actes de guerre, de sa méfiance de l'Humain. De son parcours atypique, elle parlera de ses rencontres déterminantes, toutes masculines, y compris chez les scouts, où elle apprendra la beauté de la Nature, le calme et la sérénité avec le chef Yves Prévôt. A 24 ans, elle prendra la direction technique du mythique Château Kefraya, (300 Ha) suite à sa rencontre  avec le bordelais Gabriel Rivero qui lui fera rentrer de plain-pied dans l'univers cosmopolite de l’œnologie mondiale. Une autre rencontre décisive en la personne du flying wine-maker Stéphane Derenoncourt,  en Syrie,  en amènera une autre, majeure celle-là, puisqu'il lui fera rencontrer son futur mari et décidera de son arrivée en France. Malgré les bagages bien alourdis de ses connaissances, l'arrivée à Bordeaux, à Saint-Emilion à laquelle elle est très attachée ne sera pas si simple, dans un milieu à forte odeur de testostérone, qui dans les années 2000, concédera une place lente mais irrépressible aux femmes. Aujourd'hui en 2018, les œnologues femme représentent plus de 55% des nouveaux promus du DNO. Son parcours professionnel deviendra multiple  " J'ai toujours mis un point d'honneur de ne pas être à la charge de l'Etat français"

     Elle alternera les jobs dans la filière, elle assure toujours la commercialisation des barriques d'Ana Jayer, (Ana Sélection)  mettra momentanément sa carrière entre parenthèses, le temps d'avoir ses enfants. Une autre rencontre déterminera sa nouvelle nomination, en la personne du consultant normand Nicolas Guichard, à la tête de l'Association des Œnologues de Bordeaux pendant 16 ans, qui désire passer la main.  Après que celle-ci ait pris des changements de cap, cette ancienne amicale d'étudiants deviendra sous son égide, une structure fortement influencée par les révolutions œnologiques innovantes au sein de l'ISVV.  Il créera donc essentiellement des nouveaux ambassadeurs chargés de représenter le savoir-faire à la bordelaise à travers le Monde,  actuellement un étudiant sur 5 de l'ISVV  ne provenant pas de France.

    "Pour moi, la nomination d'une femme à la tête de l'association est un non-événement. Ce faire resterait une insulte aux femmes que d'y faire allusion. Ce qui m'a plu plus chez elle, c'est sa double culture, son ouverture et ses qualités de communicante en dehors de sa compétence évidente. Quoiqu'on en dise, Bordeaux a toujours été une plateforme ouverte vers l'étranger, tournée vers le commerce extérieur. Avec son 
    Centre de Recherche elle reste la référence mondiale au cœur de la première région viticole  productrice de vins dans le Monde,  véritable pôle pluridisciplinaire et international de recherche ouverte et enrichie de toutes les régions viticoles  françaises mais aussi du monde entier."

     Diala Younes ajoutera: "il s'agit d'une réelle opportunité pour diffuser le savoir bordelais indéniable au delà de ses frontières avec l'aide de nouveaux ambassadeurs, résolument jeunes, à travers 3 axes directionnels: Ouverture, Dynamisme et Réseau Intergénérationnel". 
    Un vrai pari à l'heure où une génération d’œnologues disparaît, dessinant les nouveaux contours de l’œnologie moderne marquée par ses pairs disparus, entre Emile Peynaud, Pascal Ribeyreau Gayon et le très récemment disparu, le Pr Denis Durboudieu.  
    Une association qui regroupe aujourd’hui 500 adhérents, qui continue de se regrouper lors de la 16e édition de la Matinée des Œnologues intiguée par Nicolas Guichard,  qui met à disposition des praticiens de terrain au milieu  du Syndicat Professionnel de l'Union des Œnologues de France. Le dernier thème abordé : "Le vin, une histoire d'eau".
    Pas sûr que sa présidente ait envie d'en mettre beaucoup dans son vin.
    L'évolution du climat et son impact direct au vignoble,  la bio et la biodynamie sont ses thèmes de prédilection. Le ton est donné.
    ICI
    La présidente Diala Younes Lavenu, ici à Saint-Emilion 


    Marilyn Johnson
    Toutes les photos m'appartiennent. 
    0

    Ajouter un commentaire

  4. Axelle Courdurié, la fée du Château Croix de Labrie by Mj

    Lorsque j'ai commencé à écrire dans les années 2000 sur les vins de Bordeaux,  j'avais été interpellée par ce terme de "vins de garage", nés 10 ans plus tôt. Ayant fréquenté la table mémorable de Murielle et Jean-Luc Thunevin, lors d'un dîner, je posais la question qui me brûlait les lèvres, me sachant chez  ces vignerons qui ont forgé le mythe de ces mêmes vins de garage par l'entremise de leur ami de jeunesse, un certain Alain Vauthier, qui propulsant Ausone dans la galaxie des grands crus de Bordeaux, trouva le moyen d'apprendre à ses potes, Jean-Luc Thunevin, salarié du Crédit Agricole, en tête, Michel Puzzio ainsi que l'entrepreneur Michel Gracia, a créer des méga-cuvées qui forgeront leur réputation mondiale avec Valandraud, Gracia et Croix de Labrie (vinifié dans le salon) à partir de micro-crus.

                                 
                                 

      Les vins de garage, c'est un peu le rêve de l'Oncle Sam à la française, faire de l'or en partant de rien, ou plutôt d'un chais emprunté au garage du vigneron, en terre battue, des micro-parcelles, des micro-vendanges sur le terroir de Saint-Emilion, le tout travaillé comme l'orfèvre avec une pépite. A table donc, Jean-Luc me précisa qu'en fait qu'il hésitait sur l'origine  du nom de ces vins, et que la paternité résidait entre le lettré  journaliste Michel Bettane et le critique américain, rédacteur de Vinous, Stephen Stanzer,  présent à cette même table. Le mystère demeura, épais.

    27 ans plus tard,  après avoir dépassé les vignobles de Saint-Emilion, je débouchais sur la commune Saint-Christophe des Bardes, préservé, intact au cœur d'un océan de vignes sur un plateau argilo-calcaire. En pénétrant sur le domaine d'Axelle et Pierre Courdurié, je comprends immédiatement que la priorité du http://www.chateau-croix-de-labrie.fr/fr/ acquis  en 2013, se situe tout d'abord au vignoble, la parcelle résidant près du chais, respire le soin apporté par ses tout nouveaux propriétaires. Le chai à l'extérieur est resté dans le jus, fidèle à l'image de ces petites propriétés familiales qui représentent la réalité des vins de Bordeaux et des crus classés de la Rive Droite.

                             

           Axelle  Courdurié a le regard clair et direct des femmes engagées, déterminées. Le vignoble, la taille, le labour au cheval,  les palissages, l'effeuillage, le contre-effeuillage,  tous les travaux  nécessités sans relâche, tout le long de la végétation des merlots et des cabernets francs qui font l'assemblage de leurs trois cuvées issues de ... 2, 52 Ha répartis sur trois zones distinctes, au lieu-dit Badon près du célèbre Pavie, vont donner naissance au Château Croix de Labrie Grand Cru, un 100% merlot qui signe les grandes heures du cépage, le Chapelle de Labrie, issu des parcelles de Saint Sulpice de Faleyrens sur un terroir plus siliceux propice au cabernet-franc  qui rentre dans l'assemblage avec un merlot prédominant. Les vins, trois cuvées distinctes,  Les Hauts de Croix de Labrie et le dernier-né qui porte le nom de leur fille Camille, sont particulièrement ciselés, un ADN constant sur l'ensemble de leurs vins avec un fruit rouge sous haute tension, remarquables.

    Axelle a un parcours atypique dans la mesure où après avoir empoché son diplôme viti-oeno, elle va opter au départ par un job dans les BTP, dans les carrières de granulat. Très vite, elle s'ennuie ferme, mais la vie lui fait rencontrer son futur mari, aux USA,  elle qui œuvrait au sein de la Colombia Winery quand lui s'occupait d'aéronautique à Seattle.
    Le rêve va se concrétiser lors d'un dîner à Singapour et le vignoble de Saint-Emilion consulté depuis le départ  par Jean-Philippe Fort du cabinet Rolland va s'imposer. Pierre né en dans le Cantal, devenu entre temps négociant et sa femme, vont aller jusqu'au bout de leurs rêves.

    Zéro pesticide, culture précise, ultra-raisonnée, complantation, au chai, les malolactiques se font dans des barriques de chêne neuf et français avec des chauffes mesurées moyennes à longue. Axelle goûte et regoûte, apporte clairement une touche précise et vive à ses vins, à la recherche de la perfection.





    Fatigués des cuvées gâchées par le liège et les TCA, ils vont là aussi rechercher une alternative nouvelle et faire appel à un procédé révolutionnaire, ArdeaSeal®  dont le bouclier du bouchon (seul a entrer dans le contact du vin) est constitué de polymères mais préservant les échanges gazeux (ceux-la mêmes qui engendraient une réduction sur l'ensemble des vins bouchés par les bouchons en silicone après une décennie) et en évitant ainsi les TCA  dûs au liège contaminé.
    Encore une fois, la recherche de la perfection et plus encore de la précision est leur moteur principal.

    Au moment où j'écris ces lignes, Axelle a commencé la taille, perdue dans l'immensité des parcelles.  Avec son regard farouche, elle ajoutera " il n'y a que là que je me sente bien". Les "Cinderalla wines" ont de beaux jours devant eux, ils ont trouvé leur fée.

    Marilyn
    Toutes les photos m'appartiennent

    L'album

    0

    Ajouter un commentaire

  5. Nicolas Grégoire et Julien Salles (à droite)au Château Ripeau Novembre 2017
    Julien Salles, directeur d'exploitation du Château Ripeau
    Le Château Ripeau en Saint-Emilion, c'est l'Histoire dans l'histoire qui s'immisce avec force détermination. Plus que 16 HA d'un seul tenant sur un terroir récemment expertisé, entre test de résistivité, arrachage, drainage révélant des nappes d'argile bleues -trésor de Pétrus, la belle voisine-  densité de plantation élevée à 9500 pieds,  taille pour orienter le flux de sève, amendement strictement organique, produit de biocontrôle, biostimulants et physiofortifiants, confusion sexuelle pour enrayer la faune des insectes nuisibles de la vigne, la métamorphose de la belle endormie va prendre le chemin de la Révolution, unique, respectueuse de l'Homme à travers son environnement. Nicolas et Cyrille Grégoire, dès la disparition tragique de leur père le jour de la cession du Château La Rivière à Fronsac, vont perpétuer le souhait de James Grégoire d'acquérir une propriété dans l'appellation prestigieuse de Saint-Emilion.
    La vigne marquait l'histoire personnelle de la famille, propriétaire de plusieurs vignobles, charentais d'origine, avec le grand-père maréchal-ferrant,  Edmond Grégoire, la forge de celui-ci est présente dans la Tour carrée, édifice architectural étonnant, comme un amer dans un océan de vigne, qui surplombe Cheval Blanc, Jean Faure, La Dominique et Pétrus, tous auteurs d'une viticulture respectueuse.
    Mais les deux frères n'en resteront pas là. Cyrille qui va résider sur place avec femme et enfants et s’occuper à plein temps de Ripeau et Nicolas qui héritera de la gestion  des affaires de son père -celui-ci avait revendu sa société leader mondial de matériel agricole mais aussi le négoce Vintex, cédé depuis 1 an- vont adjoindre à leur équipe, un jeune homme, qui forme depuis quelques années un duo de choc avec l’œnologue Claude Gros, qui signera une cuvée repérée par Robert Parker en Bordeaux, le château La Roncheraie, alors illustre inconnu. Julien Salles, dont les méthodes culturales m'avaient déjà bluffée, plus bio que bio, puisque avec un dosage de cuivre remarquablement bas va rejoindre la famille qui va lui  donner toute la mesure de ses capacités en lui laissant carte blanche.
    A Ripeau, la métamorphose est en marche, les travaux entrepris répondent en droite ligne aux enjeux qui se trament partout sur la planète:  le respect absolu de la place de l'Homme dans son environnement. En 2015, les deux frères en rachetant la propriété à la famille de Wilde, vont y entreprendre des travaux pharaoniques avec l'aide de l'architecte Massie. Les nouveaux chais et bâtiments réceptifs répondent à une volonté environnementale et esthétique remarquable, bâti sur le principe de "la place du village avec locaux techniques et réceptifs, incluant 4 salles de dégustation".  
    Lorsque je pénètre ce Lundi de novembre sur les lieux, le soleil allonge les silhouettes des hommes et des arbres du parc, exceptionnel en plein terroir classé, ou habituellement le moindre arpent est dévolu à la vigne. La propriété du reste appartiendra au paysagiste Bühler qui signera avec son frère, les plus belles réalisations paysagées de Bordeaux. Remodelé comme l'ensemble de la propriété, "un éco-système dans l'eco-système de Ripeau" notera Julien Salles, l'agence Landcraft s'est vue confier son remaniement, y ajoutant une british touch rejoignant la politique résolument verte entreprise par la famille. Au vignoble, les plantations de tanaisie bleuissent l'horizon où se dessinent à l'ouest les ondulations du chai de Cheval Blanc.

    Mais à Ripeau, l’essentiel réside par la démarche puissante d'une viticulture innovante. Elle peut se résumer par 5 zéros et par delà même créer une révolution unique au Monde qui va faire causer le landernau qui se résume à une pensée unique: un ennemi juré, le soufre, devenu le fer de lance des bien-pensants, de la littérature vinique, alors que ce même soufre reste un des 5 éléments nécessaires à la Vie sur Terre.
    Le grand oublié de ces vins que l'on prône "nature" reste la quantité de cuivre, aussi toxique que l'élément soufre. La rencontre majeure de la famille Grégoire avec Julien Salles révèle une autre rencontre, celle de l'ingénieur agronome Guillaume Grocq, dont les méthodes vont persuader les deux frères de mettre en place "sur la totalité du vignoble, quand je ne prônais que de tester sur une seule parcelle" rappelle Julien Salles, qui va donc passer quelques nuits blanches.
    Le résultat ne se fera pas attendre: les vins du millésime 2017 affiche zéro résidu, ce qui reste une première mondiale.

    Au vignoble, zéro herbicide, zéro insecticide, zéro fongicide et zéro cuivre métal.
    Le retour d'analyses du 16 octobre 2017 du laboratoire Excell est formel, l'analyse des pétioles ne recèle aucune molécule de la liste n'est détectée.
    Le retour d'analyses du 27 octobre, révèle qu'aucun résidu n'est présent dans les vins. En moins de 2 ans, le travail engendré par cette équipe soudée vient de porter ses fruits. La liste Phytoteck large acceditation COFRAC est formelle. La campagne culturale mise en place s'inscrit dans une dynamique unique et ultra performante avec une maîtrise de l'IFTT, comprenez, indice de fréquence de traitement phytosanitaire, qui reste un indicateur ultra performant de suivi de produits phytopharmaceutiques.
    "Nous avons voulu renforcer la vigne, en la nourrissant avec des huiles essentielles, des amendements organiques, en biocontrôlant les méthodes de renforcement de la plante, engendrant le  mécanisme naturel de protection de la plante qui active la résistance de la pellicule contre le botrytis. En 2017, nous avons du faire face au gel qui a ravagé 80% du vignoble. Une pousse de seconde génération permettra d’obtenir des raisins étonnants et nous avons donc pu observer à ce stade, l'efficacité des soins apportés. Aucune maladie ne sera détectée (quand le mildiou fait rage par ailleurs NDLR)." précise le directeur d'exploitation Julien Salles. En disant cela, nous voulons garder toute l’humilité requise qui ne révèle aucune contradiction avec l'ambition."
    Nicolas Grégoire et son frère, en vrais connaisseurs de la vigne vont donc permettre cette révolution notable qui va sûrement engendrer des émules. Avant les vendanges, on goûte les raisins 3 fois/jour, quand je goûte les vins de 2016, je suis abasourdi par leur précision.



    Par contre, le programme établi nous permet de nous rabattre en cas d'épidémie cryptogamique. Si demain, il faut donner un coup de canon, nous voulons pouvoir le faire. Ce qui ne nous empêche pas de vouloir élaborer une charte qui créera une nouvelle voie, celle d'une véritable alternative propre et moderne.
    Toutes les doses de cuivre sont réduites de 50% par rapport à la biodynamie, nous sommes donc actuellement les seuls à proposer une alternative semblable, en proposant des biostimulants à la plante, micro-organismes dont la fonction appliquée à la plante ou à la rhizosphère, stimulent l'absorption ou l’utilisation des nutriments, augmentant la tolérance au stress abiotique. De ma vie, en visitant les parcelles cet été, je n'avais vu de feuilles aussi vertes. s'enthousiasmera Nicolas.

    Me réservant une dégustation des 2015 récemment embouteillés, je ne pourrais que constater la rupture gustative engendrée par ces nouvelles méthodes de travail.
    Rectitude de vins éclatants, précision d'orfèvre pour le Tour de Ripeau GC avec un nez d'effluves de caramel, quand au Château Ripeau GCC, le nez éminemment précis, de cerises noires sera confirmée par une bouche finement ourlée, avec une colonne vertébrale sculpturale articulant un corps charnu mais fin.  Ces vins sont grands indéniablement.




    Marilyn Johnson

    Je remercie la famille Grégoire et Julien Salles de m'avoir réservé ce scoop d'envergure internationale. Affaire à suivre

    Toutes les photos m'appartiennent.






    0

    Ajouter un commentaire


  6. Un même prénom, Céline,  une même envie, une même force contre un même combat, une même volonté de mettre du rose dans le noir.
    Deux amies, l'une journaliste, l'autre à la tête d'une société de communication, Céline Lis Raoux sera confrontée à une maladie qui nous concerne tous, de près ou de loin: le cancer. Avec un réflexe de journaliste, la première de ses initiatives sera de courir au kiosque voisin pour s'informer, comprendre ce qui vient de lui tomber dessus. Et là, Ô stupeur, alors qu'en 2012, le nombre de nouveaux cancers s'élevait à 14, 1 millions de la population mondiale (7 427 000 hommes et 6 663 000 femmes) avec un taux de décès qui se chiffrait à 8,2 millions, aucune revue ne traite ou n'aborde le sujet. Avec son amie de toujours, Céline Dupré, directrice associée de l'agence Comm Santé, l'envie de changer le paysage va germer, surtout en remarquant que l'image du cancer est totalement faussée, ostracisée, tabou dans une Société qui se voile la face, la Femme plus que jamais victime des préjugés, le cancer du sein restant la première cause de mortalité.  Le Premier Octobre 2011 naissait le  premier magazine dédié, ROSE MAGASINE, magazine haut de gamme,  mobilisant partenaires financiers, médecins  à travers une association à but non lucratif,  Rose Association.
    "Dédié à toutes les femmes en prise avec cette maladie,  notre action réside dans le fait que l'on peut vivre dignement avec un cancer, préserver l'image pour éviter le rejet, particulièrement dans le monde du Travail.
    Nous avons créé une information des femmes et des hommes en éditant 2 magazines/an emais aussi Blu qui seront distribués gratuitement dans plus de 1000 services de cancérologie. Un site Internet www.rosemagazine.fr qui rassemble la plus grande communauté de femmes malades du cancer
    Plusieurs actions avec

    La défense des droits des malades avec notamment le droit à l’oubli bancaire. 
    Les services aux malades avec l’ouverture de la 1ère Maison Rose à Bordeaux."
    Et d'énumérer
    les partenaires de départ, sachant que ces deux filles là iront convaincre et obtiendront  levées de fond à travers  la Fondation L'Oréal, Interflora, Orange, mais encore les actions caritatives. LA MAISON ROSE  basée à Bordeaux ne recevra aucune aide ni du département, ni de la ville de Bordeaux. Avec le magasine dédié, elle reste pourtant la seule initiative mondiale de ce type. 
    Samedi soir, un dîner destiné à recueillir des fonds se tiendra en Saint-Emilion, avec l'acteur José Garcia en commissaire priseur, grâce à l'intervention de La Jurade.
    Depuis sa naissance au XIIe siècle, la Jurade de Saint-Emilion a toujours fait de l’entraide une priorité. Il était donc naturel que les Jurats apportent leur soutien à Rose Association. Pour cela, une vente aux enchères caritative, orchestrée par la maison de vente Artcurial, proposera une vingtaine de lots remarquables, dont des grands vins du Château Angélus et du Château Cheval Blanc.


    La soirée sera animée par l’acteur 
    José Garcia, déjà intronisé par la Jurade de Saint-Emilion et la journaliste Audrey Crespo-Mara. Une tombola aura également lieu, avec des pièces diverses en jeu (œuvres d’art, produits de beauté, vins, etc.), toujours au profit de Rose Association. De nombreuses animations artistiques ponctueront par ailleurs l’événement.
    RESERVATION

    Une adresse pour tous les dons: Rose Magazine Bayard Presse 18 rue Barbes 92 120 Montrouge

    Marilyn
    Photo DR et Marilyn Johnson



    0

    Ajouter un commentaire

  7. Bernard Burtschy, le fondateur de la Wine Dream Team photo DR


    Nous allons aborder un sujet qui au final, revient à parler de l'essentiel d'un vin, son goût et rien d'autre, débarrassé du poids de son approche marketing, de la connaissance intrinsèque du vignoble et de l'équipe qui a obtenu ce même vin.
    Pour en parler et surtout en avoir une véritable idée, il existe plusieurs moyens, celui de la dégustation avec ou sans étiquette. Effectuée par des professionnels, elle reflète toujours une approche personnelle sujette à de multiples influences, telle que l'éducation, l'état de santé du dégustateur et le PH de son palais, le lieu et les conditions de dégustation qui se doivent d'être irréprochables, la température de service du vin etc, tous ces paramètres qui transformeront ce fameux goût. A l'aveugle, le problème se posera autrement : beaucoup de ces mêmes paramètres seront abandonnés, au profit de ce goût délivré pur, livré à l'instant T même si le dégustateur professionnel sera toujours soumis à caution, avec toujours cette même notion d'humilité qui l'accompagnera. Une mini enquête sur le réseau FB apportera autant de réponses que d'approches différentes mais la dégustation à l'aveugle tend à créer un consensus global (lien suivant)

    Sur ce principe, Le Grand Cercle des Vins de Bordeaux et son président Alain Raynaud ont bien compris la part essentielle de cette forme de dégustation et soumettra les vins des adhérents du Cercle aux membres du Grand Jury Européen créée en 1996 mais dont les membres étaient essentiellement constitués de journalistes. Aujourd'hui Bernard Burtschy, membre de la toute première heure, professeur titulaire d'une thèse de Statistiques et enseignant à Telecom Paris Tech,  journaliste chroniqueur au Figaro et dont la réputation d'intégrité n'est plus à faire va décider de récréer une nouvelle équipe baptisée la Wine Dream Team.

    Le but et sa constitution reste fondamentalement différents du GJE de François Mauss, parce que  destinés à représenter la plus large palette de clients potentiels. Au nombre de 16, issue de nationalité et de catégorie socio-professionnelle distincte, l'équipe de dégustateurs  sera conviée à goûter, commenter puis annoter plus de 150 vins, livrables et ainsi donc représenter  la pluralité des appellations et ce,  à travers le millésime 2015 à Bordeaux sur les 2 rives. Pilotées par Bernard Burtschy les conditions s’avéreront idéales, sises au Château La Marzelle, GCC en Saint Emilion et confirmeront l'homogénéité globale de ce millésime 2015. Intéressante également est la véritable diversité des dégustateurs rassemblant nationalités, origines entre master of wine (MW) et acheteurs/distributeurs, cavistes/bar à vins, sommeliers, critiques et journalistes en passant par les blogueurs, propriétaires s'improvisant  dégustateurs. Étonnantes resteront les appréciations de ces mêmes dégustateurs, avec un barème de 1 à 20 suivi de coups de cœur qui confirmeront la subjectivité des goûts, aussi divers et riches de différences que le sont les vins de Bordeaux.



    Ces tastings s'étaleront sur 3 journées et demies distinctes, décomposées en 5 sessions incluant vins rouges des deux rives, vins blancs secs et liquoreux, rosés et clairets.
    L'analyse statistique menée par Bernard Burtshy selon les méthodes de statistique récentes multidimensionnelle (Data Mining) vérifiera la cohérence du jury et nous obtiendrons donc un classement qui nous permettra d'élaborer le style des vins:
    "
    L'analyse statistique fait apparaître une bonne cohérence globale du jury, par exemple, aucun ne notera fort bien un vin que es autres noteraient mal ou inversement. Cette cohérence n'implique pas que les membres du jury soient des clones des uns des autres."
    Le consensus décrit est très bon lorsque tous les dégustateurs s'accordent sur le même niveau d'un vin qu'il soit plus ou moins bien noté.  Il est mauvais lorsqu'une partie des dégustateurs le note très bien, quand l'autre le note très mal, avec tous les gradations intermédiaires.



    De la même manière, il est possible de représenter tous les vins rouges dégustés, les meilleurs à droite, les moins bien notés à gauche. Ceux qui sont proches de l’axe horizontal sont des vins de consensus, tous les dégustateurs sont d’accord pour les classer à leur échelle. La projection sur l’axe horizontal donne d’ailleurs le classement des vins.

    Plus un vin est éloigné de l’axe horizontal, plus il est « clivant », apprécié par les uns, rejeté par les autres. Ainsi les vins du haut du graphique sont bien notés par les professionnels et moins bien noté par les autres, alors que pour ceux du bas, c’est l’inverse.


                                  



                                           


    Globalement l'annotation de l'ensemble de ces vins et  restera cohérente même si des avis divergent parfois radicalement.
    Quelques extraits  de commentaires :
    Cécile Debroas Castaigns
    Concernant les vins blancs secs : craignant d’être rapidement lassée, après quelques échantillons, par les arômes variétaux du sauvignon blanc et une certaine homogénéité de goût, j’ai été agréablement surprise par la diversité des styles.
    Je retiendrai les vins du Château Sainte Marie (notamment la cuvée Madlys, pour ses arômes de sucre d’orge, pêche, Reine-Claude, sa finesse et sa complexité) et le blanc du Château d’Arsac, plus exubérant, avec un nez d’agrumes, de petites fleurs blanches, et de fruits exotiques (fruit de la passion), très pur, rehaussé agréablement en bouche par une grande tension et une belle longueur.
    En Sauternes : belle surprise aussi avec, semble t’il, un très beau millésime 2015 en Sauternais. Des vins très équilibrés entre fraîcheur et sucrosité, et donc plus aériens que de coutume.
    Un magnifique Château Raymond Lafon, domaine que j’affectionnais déjà beaucoup, et un très beau Château de Myrat, à prix doux.
    En ce qui concerne les vins rouges, mes préférences sont allées au vignobles de Pomerol, Saint-Emilion, Fronsac et Pessac-Léognan, avec un gros coup de cœur pour la finesse et la sensualité de la chair des merlots de Pomerol.
    La rive gauche (Médoc), a bénéficié d’une météo moins clémente que la rive droite, avec de fortes pluies en fin d’été. Elle voit donc ses vins malheureusement un peu dilués. Evidemment, on ne peut pas en faire une généralité, mais j’y ai trouvé beaucoup de vins manquant de densité, avec des creux en milieu de bouche, lesquels contrastent souvent avec des finales tanniques et asséchantes.
    Ma sensibilité personnelle va vers des vins peu chargés en bois, moins « ambitieux », avec un fruit gourmand. Je privilégie la fraîcheur et la finesse, l’élégance, aux grosses maturités et textures. J’aime les vins croquants, avec un fruit pur, à peine sublimé par un léger élevage, une chair juteuse, salivante et une belle fraîcheur en finale.
    Je pense qu’à ce sujet, on est gâté par ce millésime 2015 en Bordelais. Les vins sont très accessibles dès leur mise sur le marché, avec des tannins souples et mûrs, et une bonne acidité. De plus, il semblerait que la majorité des châteaux allège petit à petit l’élevage en barrique, grâce à des bois plus fins et une chauffe modérée.
    Mes coups de cœur de la Rive droite :
    - Château Veyry ( Castillon-Côtes de Bordeaux)
    - Château Haut-Bertinerie (Castiilon-Côtes de Bordeaux)
    - Château Haut-Laroque ( Fronsac)
    - Château dalem (Fronsac)
    - Château Fontenil (Fronsac)
    - Château Bellefon Bercier (Saint-Emilion Grand Cru Classé) +++
    - Château La Marzelle (Saint-Emilion grand Cru Classé)
    - Château Fonroque (Saint-Emilion Grand Cru Classé)
    - Château Fombrauge (Saint-Emilion grand Cru Classé)
    - Château L’Hermitage Lescours (Saint Emilion grand Cru)
    - Château de Lussac ( Lussac Saint-Emilion)
    - Château Vray Croix de Gay (Pomerol) +++
    - Château Bourgneuf (Pomerol) +++
    - Château Feytit-Clinet (Pomerol)
    - Château Mazeyres (Pomerol) +++
    Mes coups de cœur Rive gauche :
    - Pessac Léognan et Graves :
    o Château Haut-Lagrange (Pessac Léognan)
    o Château Cruzeau (Pessac Léognan)
    o Château Seguin (Pessac Léognan)
    o Château de Cérons (Graves)
    - Médoc :
    o Château Lestage Simon (Haut Médoc)
    o Château les Grands Chênes (Médoc)
    o Château d’Arsac (Margaux)

    Pedro Ballesteros Torres, Master of Wine
    "Mes impressions sont très positives. Tout d'abord parce que la dégustation m'a mieux permis de comprendre le Grand Cercle et aussi le millésime (2015) dont je partage l'opinion de Bernard Burtschy, très réussi au Libournais, réussi dans les Graves et Margaux, plus compliqué dans les parties Nord Médoc. Je rajoute même que le travail devient meilleur grâce au travail sérieux, d'un très haut niveau de l'immense partie des producteurs, avec un niveau qualitatif global des membres du Grand Cercle remarquablement élevé. Il est dommage qu'à ce niveau là que celui-çi ne se dote pas d'une Charte de Qualité publique, y compris de s'exposer au scrutin de tiers, une fois le vin mis en bouteille. Je pense que le consommateur a besoin de ce type d'initiatives."

    Mes vin préférés: Grand Vin de Reignac Ch Haut Bertinerie Ch des Francs Les Cerisiers Ch Fontenil Ch Moulin Haut Laroque Ch La Vieille Cure (coup de coeur) Ch Bourgneuf Ch de Chambrun Ch Siaurac Ch Bellefont-Belcier Ch Destieux (coup de coeur) Ch de Pressac Ch Fonbadet (la grande exception médocaine) Guillaume Cantau:
    Coups de coeur en aveugle : - Chateau Veyry, castillon -Chateau Grand Corbin d'Espagne - Chateau Sansonnet - Chateau Soutard Cadet - Chateau Fombrauge - Chateau Malescasse - Chateau Haut Bacalan - Chateau Bourgneuf - Chateau de Lussac rge - Chateau Crabitey blanc - Chateau Myrat - Chateau Raymond Lafon "La dégustation à l'aveugle oblige le dégustateur et le vigneron à une grande humilité, ce qui ne les caractérise pas toujours... la dégustation à l'aveugle oblige aussi le dégustateur à une plus grande concentration du fait de la perte totale de repère. J'aime le fait que les dégustations à l'aveugle "bousculent"... on passe à côté ou on attribue une mauvaise note a un Vin que l'on a l'habitude d'apprécier et inversement certaines belles surprises apparaissent." Ayant pris part à cette dégustation que le Grand Cercle en son ensemble a validé -"Nous comptons en faire deux par an et présenter un millésime 10 ans en arrière pour pouvoir étendre la comparaison"- assurera Alain Raynaud, je serai littéralement scotchée par la grande disparité de certains commentaires. Personnellement j'observerai la très grande maîtrise du bois sur la vinification, quasi imperceptible à ce stade. Plus que les notes, le débriefing - qui une fois de plus démontera le savoir encyclopédique de Bernard Burtschy m’apparaîtra comme encore plus constructif sur le plan de l’homogénéité. Certains vins me marqueront par leur haute qualité. Mes coups de cœur iront pour le Château du Glanat, Château d'Arsac Château Veyry Château de Pressac Balthus Château Fontenil Château Bellefont-Belcier Château Grivière Château de Fontbadet Haut Bacalan Château Larrivaux Château Vrai Croix de Gay Château Siaurac un blanc exceptionnel (2015) Grand Vin du Château Lesparre, puis en Sauternes, un coup de cœur généralisé.  Mes remerciements à Bernard Burtschy de m'avoir intégrée à cette fine équipe, un remerciement également à Stéphanie Délecrin du Grand Cercle, le château La Marzelle pour la parfaite organisation de conditions de dégustation et au Château Siaurac et Montlabert pour leur accueil et organisation. PLUS sur LE GRAND CERCLE Marilyn Toutes les photos m'appartiennent Album complet ICI




    0

    Ajouter un commentaire

  8. Dominique Renard by Mj Juin 2017
    C'est peut-être pour Dominique Renard, la dernière  édition. Lui qui a porté le Saint-Emilion Jazz Festival à bout de bras (comprenez à grand renfort de million et de passion) depuis sa toute première en 2012, n'affiche aucune amertume, peut-être une grande lassitude devant une pérennité financière à maintenir malgré les parrains légitimes de cet extra-ordinaire rassemblement de genres musicaux entre Robert Parker (doit-on le présenter?) et Tony Lipuma, producteur des grands labels comme Columbia, Warner ou Liberty Records, disparu en 2017, amis de toujours.
     On se rappelle les vignerons  atteints d'une  maladie assez connue localement ("la parkerite aigüe" NDLR) se presser sur un même banc de la première et inoubliable édition dans les douves de la cité médiévale mais qu'on ne reverra plus jamais ensuite. L'attrait pour le Jazz y était limité par les frontières de leurs intérêts limités.
     « Le Jazz ne fait pas recette! »  constatera Dominique Renard. Et pourtant ce festival est bien autre qu'un simple festival jazzy. Il répond à tous les styles musicaux, tous les critères avec une seule constante, la qualité et la magie des lieux, cet esprit qui vous rattrape à chaque ruelle de la cité avec une acoustique étonnante, adaptée selon les styles. Les sponsors du début sont toujours les mêmes à l'arrivée avec la remarquable constance du maire de Saint-Emilion, Bernard Lauret, partenaire financier de la première heure avec Pavie et la Famille Perse qui décidément auront œuvré pour le village qui héberge leurs réussites professionnelles, Angélus et Hubert de Boüard, Angélus qui reçoit cette année la fameuse dégustation musicale qui fait appel à tous les sens entre les notes de musique et le vin qui se répondent magistralement ressentis par Yaron Herman, ce pianiste israélien prodige qui me mettra les larmes aux yeux en interprétant No Surprises.
    La programmation de ce festival ne dément en aucun cas les précédentes. Dominique Renard veut rendre hommage à cet ami disparu Tony Lipuma, «ce sera une édition magnifique, ça va groover grave, avec des purs talents comme Stacy Kent, Cyrille Aimée, bijou de Brooklyn entre le bop et le skat, le trio à cordes Ponty-Lagrène-Easwood qui écume les meilleures scènes mondiales.»



       Ce festival de Jazz est en réalité mal nommé. Suffit de déambuler dans le parc Guadet pour en comprendre sa diversité musicale avec les nombreux concerts gratuits entre Biwandou, maître de la soul funk, avec Monk, la fraicheur du jazz de Capucine. Dimanche sera le théâtre d'un expérimentation avec Steinway, le Spirio, système de reproduction HD avec Ipad et autres vecteurs électroniques,avec Baptiste Trotignon, salle des Dominicains.
    Chélima Fade, qui arrive droit de la scène musicale londonienne, responsable de la coordination de l'ensemble du festival se sent particulièrement émue lors de ce qui sera pour elle sa deuxième édition :

     J’ai simplement hâte d’y être...L’organisation du festival a pris énormément de temps et d’énergie. Et la dernière ligne droite est toujours très intense, éprouvante. Mais quand arrivent les premières festivaliers, que tu entends les premières notes de ces artistes extraordinaires, que tu vois les premiers sourires de contentement, alors tout prend son sens et tu te dis que tout ce travail en valait vraiment la peine ! »

    Avec une équipe de bénévoles renforcée, le festival va nous offrir une de ces moments bénis de l'été comme seul, Saint-Emilion peut nous offrir dans le paysage aquitain. Maryline Barraud "secrétaire perpétuelle" vigneronne avec son Insolent de mari, Denis (référence à leur vin de Saint Emilion, Château Les Gravières, Lynsolence)
     rappelle l'importance de l'équilibre budgétaire à travers le sponsoring. "Curieusement, les vignerons oublie que Saint Emilion reste leur outil premier, la Terre de leurs ancêtres. Ils ont l'impression que le Jazz est réservé à une caste."
     Et pourtant le bar à vins représente l'ODG en son entier et ce festival constitue un magnifique outil de promotion. Franck Binard, directeur de l'ODG en rappelle  la constance qu'il demeure en termes d'image. Le Bar à vins a réalisé 280000 Euros de chiffre d'affaire mais pas de recette, les vins vendus au prix/propriété.

     
    Marilyn
    Toutes les photos m'appartiennent

    Petit rappel : 

    Pour une entreprise, le don donne droit à une réduction d’impôt égale à 60 % du montant, dans la limite de 5 ‰ (5 pour mille) du CA HT.
    Pour un particulier le don donne droit à une exonération égale à 66 % du montant du don dans la limite de 20% du revenu imposable du mécène


     RESERVATIONS
    Chélima Fadé
     21-23 Juillet  // July  2017

    0

    Ajouter un commentaire


  9. Le lieu rend hommage à une  certaine idée du Vin. Le projet à la hauteur du tissu rural et viticole de la région libournaise. Pour la deuxième fois, Libourne fête le vin, avec un même enthousiasme mais avec une ambition décuplée dans l'enceinte de l'ancienne Ecole des Sous-Officiers de Gendarmerie (ESOG pour les initiés). Philippe Buisson qui a pensé la biennale, réitère avec encore plus de partenaires et pas des moindres en la personne de Stéphane Derenoncourt, mondialement réputé au pays des wine-makers qui posera la question en ces termes : "Pourquoi Libourne n'est-elle pas la capitale de la Rive Droite". La rencontre est fertile puis qu’avec la synergie des deux volets, communal et viticole, Libourne Fête Le Vin récidive avec encore plus d'appellations et pas des moindres qui viennent grossir le flux de des 5 appellation Saint Emilion, Lalande de Pomerol, Pomerol Fronsac et Canon-Fronsac,  avec les 230 vignerons de l'appellation Castillon Côtes de Bordeaux ainsi que l'appellation Graves de Vayres, avec un assemblage de terroirs atypiques dont le "flying wine-maker" Stéphane Derenoncourt assurera une dégustation révélatrice de l'influence des terroirs sur le goût du vin.
    Philippe Buisson, dont l'action environnemental, économique esthétique et sur la ville de Libourne est aisément visible assurera en ces termes :" On réaffirme ainsi l’identité viticole de Libourne, en parallèle de Vinexpo mais en léger décalé, en mettant des moyens haut de gamme, en préservant une manifestation populaire mais cosy.  Cette année, c'est la capitale de la Rioja, la ville de Logrono et ses 7 bodegas qui est invitée de marque. Vins espagnols y tapas à prévoir avec en prime des master-classes d'une dégustation mets&vins,  la présence exceptionnelle de Fernandao Saenz, qui crée des glaces primées à base de cépages de vins. Véritables shows culinaires avec Noémie Honiat, sélectionnée lors de la saison 3 de l"émission Top Chef.
    Le très chic bar à vins de l'appellation Saint Emilion saura retenir les curieux, celui de Logrono également. Rien de moins que 4 ateliers entre "Do it your wine" où vous pourrez vous improviser maître de l'assemblage, et l'initiation à la dégustation détaillant les étapes nécessaires à comprendre cet Art à portée de tous ceux qui osent. Tout cela à des prix modérés, accessibles.
    Et puis, comme jamais de vin sans musique, en résonance avec le Saint-Emilion Jazz Festival, le samedi soir Ben L'Oncle Soul rendra hommage au crooner Franck Sinatra, entre le soul, le blues le reggae pour définir un jazz en perpétuelle évolution, moreaux en provenance de son dernier album, intitulé "Under My Skin", avec en première partie, une voix, (finaliste de "The Voice") une enfant du cru, Naya qui vient de signer un EP de cinq de ses compositions. Des "Déambulations de filles de Barbarie" auront lieu le dimanche, portées par une orgue de Barbarie ainsi que la bandas Dixie by Logrono finiront de donner un accent décidément espagnol à la manifestation.
    En prime, une surprise. Philippe Buisson restera de marbre quant à mes tentatives pour en extorquer la teneur.
    Quant à la caserne, chef d'oeuvre de l'architecture XVIIIe, on pourra la visiter avant que le lieu ne se transforme en hôtel de luxe, le projet bel et bien entériné. Un accord avec les nouveaux propriétaires permettra que la fête se pérennise entre ses murs. Des visites thématiques entre guides et architectes permettront de se réapproprier l'Histoire en perpétuelle mouvance de cette véritable capitale des Vins de Bordeaux, rive droite.
    Marilyn

    Le 23, 24 et 25 Juin

    Philippe Buisson avec les forces vives de la situation
    Programmes et réservations:  ICI



    0

    Ajouter un commentaire


  10. La Dame de Boüard by Mj
      Ce clos, elle en rêvait. Elle l'a fait. Coralie de Boüard, la Dame du Clos, l'a enfanté depuis peu, en rêvait la nuit, le construisait le jour. Clos de Boüard, la naissance d'un cru. Son père, Hubert de Boüard, a justement préparé l'ensemble de son clan à ça. Lui qui a construit avec une constance remarquable la réputation du cru familial, Angélus, le désormais "Premier" chez les premiers d'une appellation en perpétuel renouvellement, tirée par un classement, bien que contesté (et contestable comme le sont par essence tous les classements), il transmet avec précision à l'ensemble de 4 enfants, ses connaissances  en terme de vinification, conduite  d'un vignoble et les choix qui s'imposent, politique globale de marketing ouverte à une société en marche.

           


    Dix années à la direction du marketing du Château Angélus, de sa commercialisation et de la communication, puis du cru de Montagne remarquable, unique en son genre,  Fleur De Boüard dont elle est toujours à la direction auprès de son frère Mathieu, je rencontre Coralie dont le vin vient d'être le premier mis sur le marché Primeurs de la campagne 2016. Sûre d'elle et de ses jus, elle explique sa stratégie par des mots qui résument bien sa manière d'obtempérer. " Je pense qu'il faut avoir de la conviction, d'ailleurs on partage ça avec toute la famille. Les jus se sont avérés incroyables, reflet parfait du terroir exceptionnel de Montagne. J'ai travaillé les textures, recherché des tanins cashmeere, de l'onctuosité en bouche. Pour l'élaboration des assemblages, nous travaillons toujours avec la même équipe, (Hubert de Boüard, Philippe Nunes (directeur technique de La Fleur de Boüard)


    Quand on a le terroir, on ne doit pas en sortir, Montagne possède des terroirs remarquables, bien plus prometteurs que les sables de Saint-Emilion par exemple. Les premières notes sont tombées, rassurantes, 94 par Neil Martin, 93/ 94 avec James Suckling, 16/20 avec Jean-Marc Quarin, 16/20 avec Jancis Robinson, 91/93 avec Vert de Vin, 92/93 avec Yves Beck.
    J'ai refusé toute exclusivité
    précise la jeune femme. Pourquoi attendre 3 ans pour vendre ses vins, je veux démarrer de haut, sûre de la qualité de mon travail. Noyée dans la masse, comment se démarquer sans conviction de ce que j'aime, recherche ?
    Dégustés en Primeurs, les jus s'avèrent précis et éclatants à ce stade de leur élaboration. La bouteille se démarque aussi avec une étiquette d'un esthétisme abouti,  qui raconte toute l'histoire personnelle de Coralie, conçue par Bee Bordeaux,  on peut y reconnaître ses deux fils, Gaspard et Oscar, sa tortue et même le chien du couple, Cayenne.
    2017 s’avérera beaucoup plus difficile puisque le  gel d'Avril a frappé le vignoble, limitrophe de Saint-Emilion, en grosse partie. Certaines parcelles ont été miraculeusement épargnées. De rappeler l'utilité de la plantation de haies, puisque les bois présents sur le vignoble ont joué un rôle de bouclier.
    Coralie et Loic Maillet n'ont pas beaucoup dormi ces fameuses nuits noires. Je me suis sentie touchée comme si on avait touché à mon enfant !" se souvient la toute jeune propriétaire. Un défi à relever, un supplémentaire. La rançon de la passion que ce couple ne manquera pas de relever.



    Marilyn
    Toutes les photos m'appartiennent.


    0

    Ajouter un commentaire

Chargement en cours